La parole au producteur


Camille Bottiau produit au Quesnoy une grande variété de pommes, de poires et de fruits rouges. Il vend ses produits aux collectivités/entreprises, restaurants scolaires et à la restauration hors domicile.

La parole est au producteur…

Manger des fruits en hiver… Pas facile si on s’astreint à privilégier le local, le terroir, le fruit bien de chez nous. Détrompez-vous ! Depuis plus de vingt ans, Camille Bottiau, produit au Quesnoy une grande variété de pommes et de poires d’hiver, le tout en symbiose avec la nature…

Dans votre boutique, vous prouvez que l’on peut faire beaucoup de choses avec des pommes et des poires !

Oui, c’est effectivement le but de la boutique que j’ai installée sur mon exploitation. Je veux montrer aux consommateurs, d’une part que l’on peut manger des pommes et des poires quasiment toute l’année à condition de manger les bonnes variétés et qu’elles sont aussi de merveilleuses matières premières. On peut faire des jus fabuleux, des confitures, des desserts, des liqueurs et eaux de vie. Je produis également des fruits rouges en saison.

Quelles variétés de pommes et de poires peut-on trouver en hiver ?

Côté pommes, il y a la traditionnelle reinette et son parfum extraordinaire. Je produis également la cox, très exigeante mais divine… Puis j’essaie de remettre au goût du jour certaines variétés comme la Graf, qui n’est pas très jolie mais qui possède une chair très intéressante. Pour les poires, c’est un peu pareil, je produis les classiques comme la Conférence et je tente de dérouter les consommateurs avec des variétés anciennes. Ce qu’il faut avant tout, c’est expliquer aux gens ce qu’ils ont entre les mains.

Vous faites partie de plusieurs réseaux : Bienvenue à la Ferme, Savoir vert…

Oui c’est important. J’étais l’un des premiers à adhérer au réseau Bienvenue à la Ferme pour mes fruits. C’est une marque, une reconnaissance. Je sens que le consommateur y est de plus en plus sensible dans ce grand charivari de la consommation. Il sait que la marque existe, qu’elle est un gage de qualité et de terroir. J’accueille également des écoles dans le cadre de Savoir Vert, c’est important de transmettre aux plus jeunes. Je les sensibilise à la culture mais aussi au respect de la nature.

Vous êtes un pionnier de la production intégré dans la région, de quoi s’agit-il ?

Pour faire court, plutôt que d’utiliser des pesticides, j’introduis des auxiliaires- insectes ou champignons – pour lutter contre les parasites. Quand j’ai repris le verger de mon père, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de traitements à mettre sur les fruits, ça m’a dérangé. Vous savez entre le consommateur et le producteur, celui qui prend le plus de risque en mettant des produits chimiques, c’est le producteur. Aujourd’hui, j’essaie d’appliquer cette méthode aux fruits rouges. C’est un long travail d’observation mais quel plaisir de travailler en phase avec la nature.